Monnaies locales : gonette, eusko, galais

98 % des transactions sont réalisées sur le marché financier contre 2 % seulement dans l’économie réelle. Face à ce constat, de plus en plus d’initiatives pour une monnaie locale ont vu le jour depuis la crise économique. Retour sur une success-story.

Qu’est-ce qu’une monnaie locale ?

Une monnaie locale est une monnaie complémentaire, c’est-à-dire à parité et indexée sur l’euro. Elle n’a pas vocation à remplacer la monnaie nationale, mais vise à favoriser l’économie locale à l’échelle d’une commune, d’une agglomération, d’un département ou d’une région. Outre ce rôle au sein de l’économie réelle, les monnaies locales garantissent également un impact positif sur la protection de l’environnement. Privilégiant les échanges entre producteurs et consommateurs locaux, l’impact carbone est en effet beaucoup moins prégnant. Point de tomates du Maroc, d’agneau de Nouvelle-Zélande ou de mangues du Pérou pourront être vendues et achetées. Le territoire est donc doublement gagnant : écologiquement et économiquement.

L’émergence des monnaies locales

C’est à la suite de la crise économique mondiale de 2008 que les monnaies locales prolifèrent un peu partout en France. Les acteurs locaux, inquiets des dérives de la finance, créent leur propre monnaie, symbole d’un certain protectionnisme économique face à la mondialisation. En janvier 2013 naît l’eusko, la monnaie locale du Pays basque français. Elle précède ainsi la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire qui encadre les titres de monnaies locales complémentaires. Aujourd’hui considérée comme la première monnaie locale de France, l’eusko peut se targuer d’être acceptée par 650 entreprises et associations du territoire et d’être utilisée par 3 000 personnes. Cette initiative a été suivie dans de nombreuses agglomérations si bien que plus de 40 monnaies sont actuellement en circulation, à l’image de la gonette à Lyon ou du galais dans le pays de Ploërmel en Bretagne. Dernières nées, la pêche à Paris et le rollon sous l’impulsion du conseil régional de Normandie.