Pourquoi n’y a-t-il pas d’Amazon Français ?

Mon humble réponse à cet article des Echos qui retrace la vie de quelques gros acteurs du ecommerce Français : Pixmania, Rueducommerce, CDiscount, Oscaro et Priceminister

L’analyse du journaliste, pour faire simple, c’est de dire que les finances n’ont pas suivies.

Peut être… Mais je pense qu’il y a une autre raison : la culture technique.

La force d’Amazon, c’est d’avoir monté un système d’information qui est une machine de guerre.

Le e-commerce, c’est du « techno-marketing ». Bien sûr, il faut savoir trouver les bons produits, savoir acheter, et savoir vendre… Il faut également s’approprier toute la culture spécifique du ecommerce, et ça fait un « gros morceau ».

Il faut intégrer les notions d’acquisition de trafic : SEO, SEM.

Il faut de plus développer une culture de la data : mettre en place les outils pour avoir de la donnée, et faire de l’analyse.

Mais il faut également avoir une vrai vision de l’urbanisme de son système d’information ecommerce…

C’est sur ce dernier point que, je pense, on pêche le plus.

La difficulté, c’est le passage à l’échelle.

Bien sûr, quand on démarre, il ne s’agit pas d’urbanisme. On prend des outils open source, quelques développeurs, et zou, on a un site en ligne.

Mais quand on doit traiter 100, 1000 commandes par jour, c’est une autre histoire.

Et si on veut de la croissance et de l’agilité, sans urbanisme, on est mort. Le système d’information devient une pieuvre incontrôlable, qui tient par « miracle » et que personne n’ose bouger.

ça coute de plus en plus cher à maintenir, les pannes sont de plus en plus fréquentes, et difficile à corriger…

Le problème ? Pas de vision ambitieuse de la plate forme. On bricole ce qui marche, à cout réduit. Ce qui a fait la réussite des débuts donne l’assurance qu’il faut continuer comme ça…

Alors oui, ça a bien un rapport avec les moyens financiers, mais pas uniquement.

 

Quel futur pour Apple ?

Apple a annoncé plusieurs nouveautés lors de la WWDC, toutes logicielles.

Quelques news. Avec les nouvelles versions des OS des produits, il va être possible de… :

  • Débloquer son mac avec son Apple Watch
  • Payer une commande en ligne, sur son mac, en utilisant le capteur d’empruntes digitales de l’iPhone ;
  • Faire un copier depuis l’iPad et un coller sur le mac.

Vous voyez ? Apple développe des scénarios ou, pour peu qu’on soit « multi équipé Apple », la vie est « meilleure ».

Cela ne crée de la valeur que pour la part des clients « multi équipés ». Quelle part cela représente ? 15% des clients ? Probablement pas beaucoup plus.

Alors, est-ce vraiment une bonne idée de mettre toute cette l’énergie pour un sous ensemble de clients ?

Cela va augmenter la complexité de l’ensemble, et ralentir (encore plus) le rythme d’évolution des différents produits.

Bref, je ne suis pas convaincu… Et vous ?

Amazon met son moteur de recommandation en open source ? Vraiment ?

On peut lire ici ou qu’Amazon aurait mis en open source sa solution de recommandation.

Alors ça c’est un « move » impressionnant : des années de R&D, des milliards (je dis bien milliards) de $ d’investissements, tout ça versé en open source.

Le plus impressionnant, c’est que tout ça tient en 10 000 lignes de codes, dans un seul package, comprenant 10 fichiers !

Whaou ! Quelle incroyable performance !

Bon, évidemment, c’est une blague. La réalité est tout autre. Amazon n’a pas mis son moteur de recommandation en open source, mais a publié (ici) un algo de recommandation. La différence est la même qu’entre une roue et une voiture, ou entre un clou et une maison 😉

Le code est de plus en C++, il n’est donc pas du tout évident à récupérer…

Bref, c’est une fausse nouvelle. Cela prouve que notre métier (le e-marketing) est extrêmement imbriqué à la technologie, et qu’avant de transmettre une info, il faut un peu creuser, sinon, on dit n’importe quoi 😉

Demain sera virtuel, vous en doutez encore ?

Voici une vidéo, que j’ai trouvé très impressionnante :

Ces masques et applications de réalité virtuelle vont être partout : dans l’art, les jeux, sans doute de nouvelles formes de fictions (cinéma immersif), et au travail avec la très belle démo de Microsoft :

Alors, prêt ?

Qui fera le premier le site de v-commerce ?

Quelle activité logicielle SaaS en France ?

Je suis tombé sur l’article du JDN, sur le classement des éditeurs de logiciels français.

Cela m’inspire plusieurs choses :

  • Ce type de classement laisse de côté tout un tas d’acteurs, qui commercialisent un service plus qu’un logiciel. Dans ce contexte, Criteo n’apparait pas… ce qui me semble bien dommage. Il est ou le classement des acteurs SaaS ?
  • Même s’il « en manque » donc, ce classement est quand même très parlant : 1 seul acteur au dessus du milliard de CA, On est à moins de 100 M€ dès rang 13, et en dessous de 25 M€ dès le rang 50….

ça serait intéressant de refaire ce classement, en intégrant les fournisseurs de services SaaS, ce qui représente évidemment une tendance lourde dans notre univers.

 

EXCLUSIVITÉ : JEFF BEZOS accepte de venir affronter les top e-commerçants français

EXCLUSIVITÉ : JEFF BEZOS, Fondateur d’Amazon.com accepte de venir affronter les top e-commerçants et experts du e-commerce français lors de notre matinée du 14 avril !

VS

JE M’INSCRIS

Infos pratiques : 

Date : jeudi 14 avril de 9h à 13h
Lieu : Rooftop « TERRASS KARDINAL » – 45 rue de Jussieu – 75005 Paris
Agenda

9h-9h30 : Accueil – Petit déjeuner
9h30-11h15 : Table ronde
11h15-11h45 : Q & A
11h45-13h : Cocktail – Networking

 

THE AGILE COMMERCE MANIFESTO


 

UPDATE

Bon évidemment, c’était notre poisson d’avril :

Enfin « juste » la présence de Jeff hein ! Pour le reste tout est bon 😉

On s’est bien amusé vendredi, en particulier quand BFM nous a appelé pour nous dire qu’ils allaient venir filmer Jeff !

On nous cache tout : la vérité sur l’histoire entre Apple et le FBI

Donc l’histoire :

Le FBI récupère l’iPhone d’un terroriste, après un attentat.

Ils souhaitent savoir ce qu’il y a dedans, et comme le machin est sécurisé, ils demandent à Apple de « l’ouvrir ». Apple répond « non ».

Les grands de l’internet s’en mêlent, pour soutenir Apple. Motif : respect de la vie privée.

Apple communique à fond sur cette posture, jusqu’à en parler lors de la dernière Keynotes (peut être que ça manquait d’actualité produit diraient les mauvaises langues 😉 ). C’est super bon pour l’image d’Apple dans son rôle favori de rebelle, surtout avec des concurrents comme Google ou Facebook qui doivent avoir beaucoup moins d’états d’âme à transmettre des données aux autorités. Il suffit de se rappeler des discours tellement homogènes au moment de l’affaire Snowden / NSA.

Quelques jours après, le FBI annonce qu’ils annulent leur demande, disant qu’ils ont « ouvert l’iphone » via des hackers.

Bon alors ? Qu’en penser ?

En premier, je dirais que cette histoire sur la vie privée est quand même un peu limite. A part quelques hackers éclairés, toute notre vie numérique est accessible assez facilement, via les services SaaS qu’on utilise, Google en particulier.

Beaucoup de données sont également accessibles via les opérateurs, qui, quand on leur demande « gentiment », donnent ces infos. Les opérateurs ont vraiment accès à beaucoup d’infos : géo localisation dans le temps, appels passés et reçus, SMS, et évidemment trafic Internet entrant et sortant (sauf si on est en Wifi).

Donc, le FBI devait déjà posséder beaucoup d’informations.

Ont ils réellement craqué l’iPhone ? Je n’en sais rien, mais je me pose des questions. Je sens bien que mon idée fait un peu « théorie du complot » mais sur un coup comme ça, on peut imaginer que le FBI ai pu bluffer, pour casser l’image d’Apple, surtout s’ils savaient qu’ils ne pourraient pas obliger Apple a ouvrir l’iPhone.

En laissant croire que finalement ça « s’ouvre de l’extérieur », le discours d’Apple sur le sujet est extrêmement fragilisé.

Donc info ou intox ? On ne le saura sans doute jamais mais a titre perso, je ne parierais pas trop sur la protection de ma vie privée, même si j’ai un iPhone…

 

 

 

La dure vie des sites qui vivent de la pub

Le business modèle idéal du web ? La pub, facile 🙂

Sauf qu’à force de truffer les sites de bannières, de pop under, de popup, d’images envahissantes, la riposte est venue, par des bloqueurs de pubs, comme adblock.

Ces petits ad-ons sont plutôt efficace, et sont actuellement très répandus.

Résultat : les sites vivant de la pub souffrent, car si les pubs ne sont plus affichés, les revenus se tarissent.

Réaction du monde par exemple :

On m’explique que j’ai le choix : passer à l’offre payante ou désactiver le bloqueur.

Sauf que, ça va pas se passer comme ça : l’agilité est du côté des éditeurs de plug-ins, et les annonceurs ne pourront pas suivre le rythme.

Donc les internautes pourront voir les articles sans les pubs.

Pour les sites de contenus, je pense qu’il n’y a pas vraiment le choix : l’offre premium doit être suffisamment attractive pour que les clients « passent à la caisse ».

En tout cas, les bloqueurs de pubs ont encore de beaux mois devant eux.

 

L’inhumanité des call centers

Ma connexion Internet était de mauvaise qualité depuis quelques jours. Bon, il faut dire que j’habite en forêt… Pas exactement le lieu pour avoir la fifre.

Mais bon, normalement, je suis autour de 256 Ko par secondes… Et là c’était tombé vers 90 Ko max.

J’appelle donc le service client, de Orange en l’occurence.

C’est une expérience…

Ah il y a eu de l’investissement : c’est extrêmement sophistiqué.

Ca commence par un dialogue avec un robot utilisant la reconnaissance vocale, pour qualifier le problème.

Ensuite, on est mis en relation avec un télé-conseillé.

Là, le dialogue est très bizarre : on sent bien que tout est cadré, la moindre question amène une réponse pré-calibré.

C’est assez vite insupportable je dois dire. Le pire est sans doute la volonté, en fin d’appel, d’avoir une « issue positive » : on sent que les objectifs doivent être liés à ça.

Il y a un film très sympa, Indian Palace, qui traite ce sujet au début du film : une femme vient de perdre son mari se retrouve face à un service « administratif » incapable d’humanité.

Je ne suis pas un pro de ce domaine, mais il doit quand même être possible de développer un service efficace et de qualité, non ?

 

Concours du « meilleur programmeur »

Je suis tombé sur cet évènement : le concours du meilleur programmeur.


Super initiative, qui permet de mettre en valeur le métier de développeur.

Le hic, c’est que le critère pour gagner c’est la vitesse… Et comme le dit fort justement l’un des vainqueurs, ce critère n’est pas le seul à prendre en compte.

Je me mets à la place des organisateurs : l’avantage de cette mesure, c’est qu’elle est objective et facile à mesurer.

Par contre, dans un « vrai » projet, la capacité à comprendre le besoin, à échanger avec ses collègues, a faire du code lisible et réutilisable, et donc à réduire la « dette », tout ces critères sont extrêmement important.

Je me demandais si l’objectif de ce concours ne traduit pas une vision déformé du métier ? Un bon développeur doit développer très vite, point barre.

J’en discutais ce midi avec l’équipe.

Il semble que le modèle Hackathon soit bien plus intéressant : ça prend en compte la créativité, la réponse à un besoin métier, …